Regarde, écoute, sens

Si ce ne sont pas les mots que ma grand-mère m’a dits le plus souvent, ce sont ceux qui m’ont le plus marquée quand, petite fille, j’allais me promener avec elle dans la campagne provençale.

Aujourd’hui, c’est elle qui avec ces 3 mots promène au quotidien avec moi dans les boisés et le long des rivières des Cantons de l’Est, au Québec, quand je m’imprègne de cette vie qui grouille autour de moi pour mieux la connaître et la comprendre. Pour mieux la ressentir.

Cette attention particulière au vivant se meut souvent en digressions visuelles sur papier ou sur écran.

Même si je faisais déjà de la photo depuis de nombreuses années, j’ai découvert le véritable potentiel du numérique dans ma démarche artistique en 2018. À l’occasion de mon projet de finissante au certificat en arts visuels de l’université de Sherbrooke j’ai voulu faire dialoguer la matière naturelle brute avec des outils d’abstraction immatériels. Ce processus se révéla proche d’une sorte de distillation visuelle au terme de laquelle il ne resterait que l’essence de la matière et du lieu. La porte s’est alors ouverte sur un travail d’une ampleur bien plus grande que prévu, les Etheriks. 

Poussant un peu plus loin l’exploration autour de cette empreinte évanescente j’ai réservé une partie de la création à la blockchain, sous forme de nfts. L’autre partie est destinée aux impressions numériques auxquelles les couleurs profondes et vibrantes donnent vie. Ce retour à la matière, cette rematérialisation, offre aux images une présence particulièrement intense.

En 2022, toujours à partir des mêmes formes de bois flotté que pour les Etheriks (dans un premier temps), ce sont les Fleurs de l’Invisible qui se sont invitées dans la démarche. Initialement, il s’agissait d’un travail non pas sur les motifs, mais sur les couleurs de fond. Je voulais seulement travailler les couleurs décomposées de la lumière avec les motifs des Etheriks. Mais, rapidement, un nouveau style de motifs les ont accompagnées, comme un cadeau et un reflet de cette nature si généreuse et créative qui nous entoure. Le vivant se compose, recompose et évolue à partir de 6 éléments chimiques. J’aime expérimenter mon lien avec lui et les limites de ma créativité à partir, comme lui, d’un matériel de base simple et limité ainsi que de « lois » de composition à respecter.

En parallèle de ses deux grandes séries numériques, l’encre et l’aquarelle restent mes médiums traditionnels prédominants.

Look, listen, smell

If these are not the most frequent words my grandmother said to me, they are the ones that most marked me when, as a little girl, I went for a walk with her in the Provencal countryside.
Today, it is her, with this 3 words, who walks with me every day in the woods and along the rivers of the Eastern Townships, in Quebec, when I immerse myself in this life that swarms around me to better know and understand it. To better feel it.

This particular attention to the living often leads to visual digressions on paper or on screen.
Even though I had already been photographing for many years, I discovered the true potential of digital in my artistic approach in 2018. For my graduation project in visual arts at the University of Sherbrooke, I wanted to bring raw natural matter into dialogue with immaterial abstraction tools. This process turned out to be close to a kind of visual distillation at the end of which only the essence of the material and the place would remain. The door was then opened to a work of much greater magnitude than expected, the Etheriks.
Pushing a little further the exploration around this evanescent print I reserved a part of the creation to the blockchain, in the form of nfts. The other part is intended for digital limited prints to which the deep and vibrant colors give life. This return to the material, this rematerialization, gives the images a particularly intense presence.

In 2022, still using the same driftwood forms as for the Etheriks, the Flowers from the Invisible were invited into the process. Initially, it was not about working on the patterns, but on the background colors. I intended only to work on the decomposed colors of the light with the Etheriks material. But, quickly, a new style of patterns accompanied them, as a gift and a reflection of this generous and creative nature that surrounds us. Living things are composed, recomposed and evolve from 6 chemical elements. I like to experiment my link with nature and the limits of my creativity from, like life herself, a simple and limited basic material as well as “laws” of composition to respect.

In parallel to his two large digital series, ink and watercolor remain my predominant traditional mediums.

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